Les producteurs, par l’intermédiaires de quelques petits malins qui avaient vu venir un certain nombre de privilèges, ont vite fait de donner l’impression qu’ils étaient organisés. Ils ont créé des faîtières, des coopératives et ont nommé des délégués dans chaque département de Côte d’Ivoire, donnant ainsi l’impression qu’il y avait un semblant de démocratie en leur sein. En réalité, c’est un petit noyau qui a regroupé autour de lui quelques gros producteurs analphabètes avant d’installer dans chaque département des individus cooptés pour faire son jeu. Tout ce beau monde qu’on a présenté comme les représentants légitimes de l’ensemble des producteurs a été baptisé ANAPROCI (Association Nationale des Producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire). C’est la faîtière des faîtières. Du moins, on la présente comme telle. Personne ne s’étonne donc que c’est à ses membres qu’est revenu le plus naturellement du monde, le rôle de la gestion des fonds de la filière. Le président de cette « suprastructure » des producteurs qui n’est personne d’autre que Henri KASSI AMOUZOU, s’est vu remettre bien entendu, la totalité du pouvoir. Aujourd’hui encore, l’ANAPROCI se bat pour qu’on la reconnaisse comme le porte-parole exclusif des planteurs. Ce qui ne passe pas. Elle ambitionnerait, selon un proche d’AMOUZOU, de garder le pouvoir en contrôlant la totalité des délégués régionaux qui devront participer au vote pour le renouvellement des administrateurs des structures. Le tout résidant dans la capacité de contrôler le processus électoral à partir du recensement. De l’autre côté, le SYNAGCI (Syndicat National des Agriculteurs), le FIPCC (la Fédération Ivoirienne des Producteurs de Café-Cacao), l’UNPCC (l’Union Nationale des Producteurs de café-Cacao), le COJEPCI (le Collectif des Jeunes Producteurs de Côte d’Ivoire) pour ne citer que ces organisations parmi les 10 syndicats et 15 Organisations Professionnelles Agricoles OPA, s’organisent déjà pour contrer sur le terrain Amouzou et ses amis. La question qu’il faut se poser sont celles-ci:

  • Existe- t-il réellement des délégués régionaux?
  • Qui sont-ils?
  • Duelles sont leurs responsabilités et quels sont leurs résultats?
  • Les assemblées générales ont-elles eu réellement lieu le temps de leur de leur exercice?
  • Peuvent-ils demander des comptes aux structures de la filière?
  • Qu’ont-ils fait dans ce sens?

En installant un semblant d’organisation, l’ANAPROCI a trompé tout le monde. Dans les schémas initiaux de la réforme, lorsqu’on parlait d’installer des antennes de SIFCA-COOP dans toutes les régions, c’était pour que celles-ci soient gérées par les producteurs de ces différentes zones. Ce qui aurait permis une vraie décentralisation du FDPCC, et ainsi une réelle gestion des délégués régionaux installés par l’ANAPROCI. Donc une implication réelle de la base. on se rend compte que loin de cet objectif initial, cette organisation a été mise en place par des individus qui ont agi au nom des planteurs pour tromper tout le monde.

Isidore SROBOIS ALLAH in « Café-Cacao: pour une refondation de la filière »

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