1- 1 SOUS LA STABILISATION

Avant la réforme de la BCEAO, toute la récolte était financée. Les crédits de campagne n’étaient limités que par la disponibilité des produits à des taux d’intérêts subventionnés, dits taux d’escompte préférentiel.

Le système de stabilisation supportait tous les risques notamment sur les Autres Crédits Mobilisables (ACM) et sur les Avances Sur Produits Nantis (ASPN). La dette titrisée de 1990 de près de 170 milliards en est un exemple.

La mise en place du système de vente par adjudication utilisant la messagerie électronique le 02 mai 1996 a créé un effet spéculatif lié à la règle de gestion des enchères. N’étaient adjudicataires que le meilleure enchérisseur et le deuxième enchérisseur si le premier ne demandait pas tout le tonnage mis à marché. Dans ce système qui génère un risque de contrepartie surtout quand les cours sont baissiers, le système de stabilisation est exposée à une faillite.

Dans le cadre de la stabilisation, les ventes les plus performantes et et les opérateurs faisant de la qualité supportent les moins performants. La force de ce système réside dans la facilité de son système de financement et sa faiblesse est la déresponsabilisation des opérateurs (banquiers, exportateurs, acheteurs et producteurs notamment) et la forte responsabilisation du système de stabilisation qui devient contre-performant et très risqué.

1-2 SOUS LA LIBERALISATION

La libéralisation de la commercialisation du café et du cacao s’est traduite par la suppression du barème des frais d’approche et la non-fixation d’un prix d’achat bord champ.

De façon concrète, cela veut dire qu’au niveau du bord champ, les prix sont librement négociés. Les coûts intermédiaires sont également librement négociés du bord champ à l’usine, et de l’usine au port d’embarquement des produits et de ce port à leur point de livraison.

Cette situation crée une grande incertitude sur les valeurs financées ou à financer. Ce d’autant plus que les cours fluctuent sans garantie contrairement au système stabilisé où les valeurs financées étaient garanties par la CAISTAB.

Il existe donc de nombreux risques:

  • les risques sur la valeurs du produit;
  • les risques sur le produit physique;
  • les risques de défaillances;
  • les risques sur la valeur du contrat.

2- LES MODALITES ACTUELLES DE FINANCEMENT

Il y’a quatre modalités:

  • l’ASPN après l’émission de la LTD (Lettre de Tiers Détention); a) 65% à 70% de la valeur du contrat payé après usinage et maintien du produit dans le magasin d’un tiers détenteur; b)15% à l’embarquement pour couvrir les débours dont le DUS etc…; c) le solde à la remise des documents d’expédition.
  • le financement direct par les banques extérieures. A partir des garanties des grands groupes, une lettre de crédit est ouverte (effet pervers: l’éviction du système local qui finance l’extérieur avec des ressources locales). Le problème demeure le financement des achats bord champ par deux modalités alternatives:
  • le paiement cash;
  • les livraisons avec paiement différé à l’émission de la LTD.

3 LES SOURCES DE FINANCEMENT

Pour les activités de commercialisation intérieure; les sources de financement sont les suivantes:

  • l’esprit coopératif;
  • le traitant;
  • l’exportateur;
  • le négociant;
  • l’industriel;
  • les banques;
  •  et autres sources notamment l’OIKOCREDIT, le FISDES et des ONGs dont LE CLUB CAFE-CACAO DE CÔTE D’IVOIRE etc..

Pour le financement des activités de la commercialisation extérieure, les sources sont:

  • les négociants:
  • l’industriel:
  • les banques.

4 PROPOSITIONS

Les conditions de financement des coopératives peuvent être améliorées dans les situations suivantes;

  • créer des magasins généraux gérés par les tiers détenteurs dans les régions;
  • assurer le financement des producteurs, des coopératives, des traitants ou exportateurs par les émissions des LTD (Lettres de Tiers Détention) sur la valeur la brousse-magasin général régional;
  • du magasin général régional à la valeur loco-magasin de stockage, financement de l’exportateur;
  • et du suivi des LTD: nu-magasin général régional, loco-magasin, contrat.

La libéralisation de la commercialisation du café et du cacao s’est accompagnée de l’éclatement des fonctions de l’ex-CAISTAB entre plusieurs structures.

A ces différentes structures, des missions et rôles spécifiques ont été confiés dans le but d’assurer une gestion plus transparente et un meilleur encadrement des producteurs et également favoriser une saine concurrence entre les différents opérateurs.

Pour harmoniser leurs actions en faveur de tous les acteurs, la mise en place d’une structure de concertation où peuvent se régler les problèmes transversaux est nécessaire.

 

DAGOBERT BANZIO in « COMPRENDRE ET OPERER DANS LES FILIERES CAFE ET CACAO EN DIX MODULES »

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