La libéralisation de la commercialisation du café et du cacao décidée sous l’impulsion des bailleurs de fonds, spécifiquement les institutions de Bretton Woods, comportait les conditionnalités suivantes:

  • désengagement de l’Etat des secteurs productifs pour ne conserver que le rôle de régulation, la lutte contre la pauvreté etc.;
  • suppression du PVAM;
  • suppression des prix garantis aux producteurs;
  • suppression du barème (différentiel):
  • suppression des déblocages;
  • libéralisation du traitement phytosanitaire et concession du contrôle qualité au secteur privé.

Le prétexte de cette réforme était l’accès direct des opérateurs au marché et l’accroissement des revenus des paysans suite à la suppression des prélèvements de stabilisations (charges de stabilisation, budget de la Caistab et excédents de campagne).

Après la libéralisation du café en octobre 1998 et celle du cacao le 12 août 1999, il fut décidé de la mise en place d’une nouvelle structure en remplacement de cette société d’Etat.

Le 20 janvier 1999 fut prise par le gouvernement, une ordonnance portant création d’un nouvel organe d’appui aux filières dénommé Nouvelle Caistab dont l’Etat détenait 20% du capital de 1 milliard de francs CFA.

Dans le même temps et pour organiser la commercialisation, un décret fut pris fixant les modalités de commercialisation du café et du cacao (cf. décret n° 99-42 du 20 janvier 1999).

Ce décret prenait en compte la commercialisation intérieure avec pour centre de gravité la nouvelle  société d’appui aux filières. Il concerne l’exportation avec les procédures d’enregistrements et d’embarquement mises en place par la nouvelle Caistab et comportant des sanctions.

Après la dissolution de la CSSPPA en janvier 1999, la Nouvelle Caistab voit le jour en avril 1999.

Pour assurer une meilleure coordination de l’activité de commercialisation, deux organes furent également créés avant la mise en place de l’organe technique. Ce sont:

  • le Comité Interministériel des Matières Premières (CIMP); décret n° 99-44
  • le Conseil Interprofessionnel du Café et du Cacao (CICC); décret n° 99-213 du 10 mars 1999. Pour atténuer les effets pervers de la libéralisation, des mesures d’accompagnement dont le PRIMAC furent misent en place. Ce programme qui couvrait la presse tant écrite qu’audiovisuelle, consistait à informer les producteurs sur les prix CAF de Londres et la façon dont ils pouvaient calculer leur rémunération sur la base des prix pratiqués au moment de la stabilisation, pour ne pas faire baisser leur revenu. Le PRIMAC est une innovation majeure dans l’information des producteurs et dans la préservation de leurs revenus dans un cadre libéralisé où l’information sur les cours est primordiale.

Les principales opérations du bord champ à l’exportation sont les suivantes:

  • l’achat bord champ;
  • l’entreposage du produit;
  • la tierce détention;
  • les opérations de contrôle qualité;
  • les opérations de traitement phytosanitaire;
  • l’exportation du produit.

Le rôle de chaque opérateur a été clairement défini par une réglementation spécifique. Chaque acteur est désormais appelé à jouer le rôle qui est le sien, pour rendre dynamique le nouveau contexte économique.

A- La dissolution de la Nouvelle Caistab

Après le coup d’Etat de décembre 1999, le nouveau Gouvernement décida de dissoudre la Nouvelle Caistab (ordonnance n°2000-242 du 28 mars 2000 abrogeant l’article 17 de l’ordonnance n° 99-30 du 20 janvier 1999 fixant les objectifs de l’action économique de l’Etat en matière de commercialisation du café et du cacao). Cette ordonnance, en abrogeant l’article 17 de l’ordonnance l’ordonnance n° 99-30 du 20 janvier 1999, dissolvait la Nouvelle Caistab. Cette décision a été entérinée par l’Assemblée Générale extraordinaire des actionnaires le 16 mai 2000.

Les fonctions de la Nouvelle Caistab ont été confiées à un liquidateur et une mission de réévaluation des réformes a été diligentée. C’est à l’issue de cette mission que la nouvelle organisation de la filière a été validée avant l’ouverture de la campagne 2000/2001 (1er octobre 2000).

B-Situation actuelle

Après la libéralisation des filières café-cacao, les fonctions qui étaient exercées par l’ex-CAISTAB puis par l’ex-Nouvelle CAISTAB ont été eclatées entre plusieurs structures, à savoir:

  • l’Autorité de Régulation du Café et du Cacao (ARCC- Autorisée par le décret n° 2000-751 du 10 octobre 2000) chargée des fonctions régaliennes de contrôle et de régulation administrative des filières);
  • la Bourse du Café et du Cacao (BCC- Août 2001) chargée des aspects techniques et commerciaux et du suivi des opérations d’achat et d’exportation de la filière;
  • le Fonds de Régulation et de Contrôle (FRC- décret n° 2001-668 du 24 octobre 2001) chargé de la régulation financière et du contrôle de ces opérations;
  • et dans une certaine mesure, le Fonds de Développement et de Promotions des activités des Producteurs de Café et de Cacao (FDPCC).

Le café et le cacao étant deux produits essentiels dans l’économie ivoirienne (près de 25% du PIB, 50% des recettes d’exportation et occupant près de 2/3 de la population active), ils ont été depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, l’objet d’une attention particulière de la part de l’Etat.

Cette attention et cette importante se sont traduites par des textes législatifs qui en organisent la commercialisation tant au plan interne qu’externe et régissent le fonctionnement des structures chargées de leur gestion.

Ainsi, après cet historique où l’évolution de la gestion des filières a été présentée, le module suivant permettra de passer en revue les structures actuelles de gestion, d’encadrement et de financement dans ces filières agricoles.

BANZIO DAGOBERT in « COMPRENDRE ET OPERER DANS LES FILIERES CAFE ET CACAO EN DIX MODULES »

 

 

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