AU BRESIL

Avec une population de 160 millions d’habitants en 1998, le Brésil est le premier producteur mondial du café. Sa production annuelle (1998) dépassent les 1.500.000 tonnes, soit 10% des exportations agricoles, 4% du PIB. Le café rapporte près de 02 milliards de dollars à l’Etat Brésilien et a créé plus de 05 millions d’emplois directs. Avant la libéralisation intervenue en 1990, l’encadrement de la production, l’organisation et la régulation du marché intérieur et extérieur incombaient à l’Institut Brésilien du Café(I.B.C.) contre lequel les griefs ne manquaient pas: peu de vitalité, lourdeur de la bureaucratie, statistiques truquées, etc…

Dans le système libéralisé, le Brésil conserve toujours son premier rang mondial et arrive en seconde position, derrière les Etats Unis, en ce qui concerne la consommation du café. Les organisations coopératives traitent 30 à 40% de la production nationale. Le Fonds Café est l’instrument de financement sur lequel s’appuie l’organisation de la filière et le Conseil Délibératif de la Politique du Café (CDPC) constitue un cadre de concertation de tous ses maillons. Les règles d’opération sont rigoureuses et les contraintes légales peu nombreuses. En même temps que les procédures de création de sociétés d’exportation, de coopératives et d’associations se trouvent très simplifiées. Les transactions entre les producteurs et les organisations coopératives sont claires et précises: la coopérative réceptionne, conditionne, et vend les produits pour le compte du producteur; elle achète, conditionne et vend les produits pour son propre compte également. Le producteur est régulièrement des cours du marché, ce qui lui laisse la liberté de vendre ou non sa production. La coopérative peut acheter le produit selon la convenance du producteur qui peut aussi le proposer à d’autres opérateurs.

Dans ce pays où il existe 62 coopératives (1998), les acteurs font preuve de professionnalisme et de solidarité. La qualité est au cœur de toutes les transactions. Les producteurs remboursent tous les prêts qui leurs sont octroyés.

Si le producteur est le pilier privilégié de la filière, le rôle de l’Etat est discret et en même temps très efficace. D’autant plus qu’il intervient fermement dans l’enregistrement des contrats à l’exportation, le contrôle qualité, la fixation du prix minimum et l’exécution des contrats. L’Etat négocie et signe les accords internationaux sur le café, accorde des facilités fiscales et parafiscales et une grande place est faite à la promotion du café par les médias nationaux.

EN COLOMBIE

Second producteur mondial de café, son label qualité constitue sa plus grande fierté. La Fédération Nationale de Caféiculteurs (F.N.C.) sert de cadre de de concertation. Mais des associations d’industriels, d’exportateurs, de producteurs, de caféiculteurs etc… existent également bénéficient d’une liberté d’action. La FNC fixe le prix de base minimum et sa mission et sa mission est d’acheter à travers ses structures décentralisées toute la production nationale. Si le prix proposé par sa coopérative ne l’intéresse pas, le producteur est libre de vendre ailleurs. Les acheteurs privés sont présents et la concurrence existante fait du producteur dans ce pays où il existe 57 coopératives (1998).

Tout comme au Brésil, les acteurs de la filière café sont professionnels et consciencieux. Les producteurs jouissent des mêmes facilités. Le rôle de l’Etat est tout aussi discret et efficace. L’Etat siège au Comité National de Café (CNC) et une convention le lie à la FNC. Dans les zones rurales, l’Etat met un accent particulier sur l’adduction d’eau, l’électricité, les pistes, les écoles etc…

Les intérêts des producteurs sont sérieusement pris en compte. Il en est ainsi des prix des produits et des services agricoles.

Dans les arènes internationales, c’est l’Etat qui fait valoir la voix de la Colombie. Une grande promotion du café est faite dans les médias et de larges facilités sont accordées aux producteurs. Le différentiel positif entre les prix indicatifs et les prix effectifs de réalisations des centrales de vente sont reversés au Fonds Café qui le met au service de la filière.

Comme on le constate, en dépit du système hautement libéralisé dans ces deux pays qui sont les deux plus gros producteurs de café au monde, l’Etat continue d’œuvrer pour le meilleur fonctionnement de la filière.

 

RUSSEL LOHORE in CAISTAB INFO n° 50 Septembre 1998

 

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